Ça dépend de vous : que ça continue, ou que ça change.

Porte 9 sur 9

La neuvième porte

Pour une fois, faire les réformes à temps, et pas quinze ans après les autres.

La France fait toujours ses réformes avec dix ou quinze ans de retard. Pour une fois, faisons-les à temps.

Au début des années 2000, l’Allemagne réforme son marché du travail. En 2007, elle décide de reporter progressivement l’âge de la retraite à 67 ans. Pendant ce temps, nous empruntons. Nous ferons les mêmes réformes plus tard, plus brutalement, avec la dette en plus.

Je ne viens pas avec un programme. Un programme, c’est une liste de promesses. Une fois qu’on a posé honnêtement les termes du problème, on comprend que les difficultés sont d’une autre nature.

La neuvième porte ouvre d’abord sur un retour aux fondamentaux : 1789. La Déclaration fait du peuple le souverain. Elle lui donne le droit de comprendre, de débattre, de consentir et de contrôler. En 1789, on débattait dans les clubs, les comités, les tribunes. Aujourd’hui, nous avons Internet et les réseaux. Le débat doit y vivre librement, sans qu’on disqualifie toute critique en la disant inspirée de l’étranger.

Ce qui n’a pas pu se faire en 2008 devra se faire désormais : aucun engagement majeur, qu’il s’agisse de notre argent, de nos traités ou d’une guerre, sans un vrai débat devant les Français. Nous finançons aujourd’hui une guerre à l’Est, dans un pays où la corruption est si connue que l’Europe a dû soumettre son aide à des contrôles financiers. Qui nous a expliqué pourquoi, et jusqu’où ?

Derrière cette porte, six chantiers.

  1. La confiance et l’égalité. Chaque citoyen sait ce qu’il paie, ce qu’il reçoit et à quoi sert son argent : c’est l’article 14 de 1789. Ceux qui décident redeviennent des citoyens comme les autres : même régime de retraite, un loyer normal pour tout logement de fonction, aucun privilège. Un responsable condamné pour la gestion de fonds publics ne siège plus dans les hautes instances. Et un impôt lisible, sans niches, auquel tout le monde participe.
  2. Les retraites, pour le bien commun. Génération par génération, à visage découvert, sans loi générale retouchée tous les deux ou trois ans. Un effort sur les pensions, en échange d’une vraie liberté de transmettre son patrimoine. Ceux qui n’en ont pas sont protégés. Les équilibres se négocient ; on ne les détruit pas d’un coup.
  3. La santé : on ne se soigne pas à crédit. Ceux qui peuvent payer leurs soins les paient. La solidarité est là pour ce qu’on ne peut pas porter seul. La santé ne peut pas être un comptoir ouvert sans limite : ce qui dépasse les moyens de chacun se discute.
  4. Les jeunes au centre. Ce sont eux qui construiront les quarante prochaines années, et beaucoup paient déjà pour nos retraites. Le travail tout de suite, une école de l’excellence, et le goût de l’initiative plutôt que l’habitude de l’aide. Réussir, cela peut vouloir dire créer une entreprise, devenir riche, payer des impôts, donner du travail à son voisin.
  5. Produire de la richesse. C’est la clé de voûte : sans richesse produite, aucun des autres chantiers ne tient. Nous avons perdu la bataille en vendant du temps passé au lieu de vendre des résultats. Nous avions le Minitel, et nous avons laissé passer l’Internet. Il faut chercher ce que la France peut faire mieux que les autres, et dont le monde aura besoin.
  6. La souveraineté, priorité des priorités. L’autonomie, la protection et l’indépendance du pays. Pouvoir vivre bien chez nous, ensemble. Et pouvoir nous défendre si quelqu’un nous veut du mal.

Une France forte, pour une Europe forte. Sinon, il ne restera qu’une voie : la baisse brutale du niveau de vie de tous. C’est le scénario grec.

Nous n’en sommes pas là. Rien n’est perdu, si nous reprenons la main.