Porte 6 sur 9
La vague annoncée
Ils avaient mis de l’argent de côté pour vos retraites. Il a servi à autre chose.
La première vague n’est pas encore payée qu’une deuxième arrive. Celle-là, tout le monde la voyait venir : les baby-boomers partent à la retraite.
Ce n’est pas une crise, c’est de l’arithmétique. On connaît les dates de naissance depuis soixante ans.
En 1999, un gouvernement fait ce qu’il fallait faire : il crée un Fonds de réserve des retraites, une épargne pour amortir le choc. C’est une décision clairvoyante.
C’est aussi le rappel d’une occasion manquée. Sans le passage brutal à 60 ans, on aurait pu ajuster l’âge de départ pas à pas, au rythme de la démographie. Mais les gestionnaires des caisses ont refusé les ajustements, et les gouvernements n’ont pas su convaincre.
Puis la réforme de 2010 change sa vocation. À partir de 2011, l’argent mis de côté pour l’avenir sert à rembourser la dette du passé : celle de la première vague. On vide le grenier pour payer les dettes de l’an dernier, à l’approche de l’hiver.
Alors, pour tenir, on rogne partout où la dépense peut attendre : l’entretien, le matériel, l’armée. Cet été encore, sur 12 Canadair, 7 seulement étaient en état de voler. J’ai vu de mes yeux, il y a des années, des ateliers militaires démonter un avion pour réparer l’autre, faute de pièces.
Le problème n’est plus un problème d’économies. C’est un problème d’inventaire des moyens du pays.
Le bilan de ces 45 années, en euros d’aujourd’hui : 3 300 milliards de prélèvements supplémentaires et 3 900 milliards de déficits accumulés. Soit 7 200 milliards dépensés pour soutenir et accompagner, sans relancer la production. Et une dette de plus de 3 500 milliards à la fin juin 2026.
Alors arrivent les coupeurs de têtes : 100, 200, 300 milliards d’économies, promis sur un plateau. Mais ce qu’on a dépensé, on l’a dépensé pour soutenir des gens. Chaque dépense est une rustine posée sur un problème. Pour enlever une rustine, il faudra régler le problème que la rustine a caché. Qui, parmi eux, vous dit lequel, et comment ?
Et maintenant
