Ça dépend de vous : que ça continue, ou que ça change.

Porte 5 sur 9

La facture

En 1977, votre feuille de paie avait 5 lignes. Comptez-les aujourd’hui.

Derrière la cinquième porte, il y a votre feuille de paie. C’est là que la facture s’est glissée, ligne après ligne.

En 1977, une feuille de paie comptait environ 5 lignes de cotisations. Avant la « simplification » de 2018, elle en comptait une trentaine. On n’a pas supprimé les prélèvements ; on a regroupé les lignes pour qu’on les voie moins.

Ce qui s’y est ajouté au fil des années n’a souvent rien d’une assurance :

  • les allocations familiales, qui relèvent pourtant de la politique de toute la nation ;
  • une contribution pour le logement, qui ne donne droit à aucun logement ;
  • une « journée de solidarité », créée en 2004, devenue une taxe permanente dont personne ne sait où va l’argent ;
  • une taxe sur la mobilité, et même une contribution pour financer le « dialogue social ».

Puis la CSG, en 1991, adoptée sans vote grâce au 49.3. Elle démarre à 1,1 %. Elle atteint aujourd’hui 9,2 %, plus la CRDS. Elle est calculée sur une base que presque personne ne comprend.

En quarante ans, la part prélevée sur le salaire a à peu près doublé. Et les partenaires sociaux, censés défendre les salariés, ont laissé l’impôt s’installer dans leur fiche de paie.

Quand cela ne suffit plus, on brise le tabou : on emprunte pour payer les retraites, et pour se soigner. On crée une caisse spéciale, en 1996, pour étaler le remboursement sur des décennies. On renvoie la facture à nos enfants.

La même année, en 1996, on crée un second budget, celui de la Sécurité sociale, à côté de celui de l’État. On promettait la clarté ; on a ajouté de l’obscurité.

Surtout, personne ne l’a expliqué. Dire « on s’endette », c’est une chose. Dire pourquoi, c’en est une autre. Aujourd’hui, on accuse les retraites de coûter trop cher. Mais ce n’est pas la retraite qu’on a financée : c’est le chômage, qu’on a rangé dans la case retraite.