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Retraites : qui paie quoi. Les chiffres et les sources

Cette page donne les calculs et les sources de nos vidéos sur les retraites. Comptes 2025, en milliards d’euros par an, à 10 % près. Tout le monde peut refaire les chiffres.

On ne parle jamais des 422 milliards de retraites en un seul bloc : on mélangerait tout. On sépare trois blocs, et pour chacun on pose les mêmes questions. Combien verse-t-on ? Combien les gens cotisent-ils ? Combien l’État apporte-t-il, et pourquoi ? Et que manque-t-il ?

1. Les retraites du privé : il manque moins de 2 %

Retraite de base (régime général, agriculteurs, indépendants, professions libérales) et retraite complémentaire Agirc-Arrco : environ 286 milliards versés en 2025.

Ce qui paie les pensionsRetraite de baseAgirc-ArrcoTotal
Cotisations des salariés, des employeurs et des indépendants122,391,1213,4
Cotisations payées par l’État à la place des chômeurs13,14,017,1
Cotisations exonérées, payées par l’État à la place des entreprisesune grande partie des 24,3 d’impôts affectés8,3plus de 25
Solidarité : enfants, parents au foyer, minimum vieillesse, maladieenviron 17,5—environ 17,5
Cotisations prises en charge par l’État3,3—3,3
Résultatdéficit de 6,6excédent de 1,4il manque environ 5 sur 286

Ce que ça veut dire. Dans le privé, l’argent de l’État ne paie pas les retraites : il compense les décisions de l’État.

  • Les chômeurs. Quand quelqu’un est au chômage indemnisé, l’État verse à la caisse une cotisation de remplacement, comme s’il travaillait. Il la paie une fois, au moment du chômage. Ce n’est pas l’allocation chômage : c’est la cotisation retraite du chômeur.
  • Les exonérations. Pour que l’emploi peu payé coûte moins cher, on a permis aux entreprises de ne pas verser une partie de leurs cotisations. Le salarié garde tous ses droits. L’État débourse donc à la place des entreprises : c’est sa politique d’exonération. L’entreprise paie moins, et nous payons le reste sans le savoir.
  • La solidarité. Les trimestres pour les enfants, la retraite des parents au foyer, le minimum vieillesse, les périodes de maladie. Ce sont des choix de la collectivité, payés par l’impôt. C’est normal.

Il reste un déficit de 6,6 milliards sur la retraite de base, en partie compensé par l’excédent de l’Agirc-Arrco, qui dispose en plus de 92 milliards de réserves. Ceux qui disent que les retraites du privé sont en faillite se trompent.

2. Les retraites des fonctionnaires : 54 milliards de complément

Fonctionnaires de l’État, des collectivités et des hôpitaux : 93,2 milliards versés en 2025, dont 5,8 de réversions et 5,6 d’invalidité.

Ce qui paie les pensionsMontant
Cotisations des fonctionnaires : 11,10 % du traitement, la ligne « retenue pour pension civile » de leur fiche de paie14,1
Part employeur, au même taux qu’un employeur privé21,0
Complément de l’employeur public (État 43,8 ; collectivités et hôpitaux 10,7)54,5
Déficit de la caisse des collectivités et des hôpitaux (CNRACL)2,3

Pourquoi ce complément. Il y a peu d’actifs pour beaucoup de retraités. Les primes ne comptent presque pas dans le calcul, donc on cotise sur une petite base. Certains métiers partent plus tôt : militaires, policiers, soignants. Et l’invalidité est payée dans la retraite. Ce n’est pas la faute des fonctionnaires : c’est l’organisation. Mais c’est payé par nos impôts, sans qu’on nous l’explique.

La part employeur « au taux privé » applique le taux patronal de référence du privé (16,58 %) aux traitements, sans les primes. C’est une convention de comparaison, reprise par le Sénat et l’Assemblée, pas le coût d’un alignement.

3. Les régimes spéciaux : à compléter

  • Subvention d’équilibre de l’État aux régimes spéciaux (SNCF, RATP, marins, mines, SEITA, Opéra…) : environ 6 milliards en 2026, dont 69 % pour la SNCF et la RATP.
  • Cotisants par retraité en 2023 : SNCF 0,57 ; RATP 0,86 ; régime général 1,71.
  • Les pensions versées et les cotisations, régime par régime, seront ajoutées ici.

La conclusion

Le problème des retraites n’est pas le privé. C’est le public, les régimes spéciaux, et partout le travail qui manque. Deux millions d’emplois productifs de plus rapporteraient environ 22 milliards de cotisations retraite par an, quatre fois le déficit actuel. Trois millions, environ 33 milliards. Couper dans les pensions ne crée pas un seul emploi.

À lire aussi : Retraites : n’ayez pas peur, mais ne vous laissez pas endormir.

Sources

  • Commission des comptes de la Sécurité sociale, mai 2026
  • États financiers de l’Assurance retraite 2025
  • Service des retraites de l’État
  • Sénat, avis n° 747 (16 juin 2026) ; projet de loi de finances pour 2026 : Régimes sociaux et de retraite
  • Assemblée nationale, rapport d’information n° 3066 (15 juillet 2026)
  • Cour des comptes, 22 septembre 2026
  • Conseil d’orientation des retraites, juin 2026
  • Drees, Les dossiers de la Drees n° 130 (avril 2025)
  • Agirc-Arrco, comptes 2025

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