Reprenons la main

Comprendre pour ne pas subir

Ça dépend de vous : que ça continue, ou que ça change.

Comment en est-on arrivé là ?

Tout commence avec les deux chocs pétroliers, en 1973 et 1979. L’énergie flambe, les entreprises sont fragilisées.

Viennent ensuite le marché unique européen, voulu par Jacques Delors, puis l’ouverture mondiale avec l’OMC en 1995 et l’entrée de la Chine en 2001. La France est exposée à une concurrence à laquelle elle n’est pas préparée. Les usines ferment, les unes après les autres.

Pour compenser, on alourdit les charges sur les salaires et sur les entreprises. Nos entreprises deviennent encore moins compétitives face à des pays qui, eux, se réforment. Le cercle vicieux est lancé.

Une seule obsession : que le chômage n’explose pas à la face du pays, ou du moins qu’il ne se voie pas trop, pour que les responsables puissent garder leurs postes. En 1995, le chômage officiel est de 10 %. En ajoutant les préretraites, les dispenses et les contrats aidés, on passe à 14 %. Avec ceux qui veulent travailler sans être comptés, on atteint 18 à 19 %. Un tel chiffre aurait été politiquement intenable.

Alors on invente un système simple : faire partir les anciens pour faire de la place aux jeunes. Préretraites, retraite avancée à 60 ans, dispenses de recherche d’emploi. Et, de l’autre côté, on retarde l’arrivée des jeunes : TUC, contrats aidés, études allongées. Et ça coûte très cher. Alors on emprunte, de plus en plus.

Ça n’a pas marché. En 1980, pour 100 personnes qui travaillent, on comptait 86 adultes sans emploi ordinaire, retraités compris. En 1995, 112. Aujourd’hui, 95.

Pour payer tout cela, on sort des règles de bon sens. On commence à utiliser l’impôt et l’emprunt pour compléter le financement des retraites et de la Sécurité sociale. Le dernier acte de ce rêve, ce sont les 35 heures : l’idée que le travail est une quantité limitée qu’il faut partager. Depuis, personne n’ose y toucher, de peur de voir le chômage s’emballer.

L’Allemagne avait fait la même erreur que nous. Au début des années 2000, on l’appelait « l’homme malade de l’Europe ». En 2003, Gerhard Schröder réforme le marché du travail. Il perd les élections, mais l’Allemagne retrouve le quasi-plein emploi, et s’impose un frein à l’endettement.

Nous, nous sommes restés dans le nœud coulant. Les baby-boomers partent en retraite, les pensions ont été revalorisées, et il n’y a toujours pas assez de travail pour les jeunes. Au lieu de dire la vérité aux Français et de revoir profondément les règles du jeu, on a choisi la solution la plus facile : continuer à emprunter, et reporter les problèmes à demain.

Et pour emprunter sans rendre de comptes, il a fallu faire sauter les verrous et contourner certaines règles.

Quels verrous ?

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