Tout le monde le comprend : on est arrivé à un moment critique. 3 600 milliards de dette, c’est plus d’une année entière de travail de tout le pays. On ne la remboursera pas demain matin. Et comme on est toujours en déficit, on n’a pas le premier euro d’excédent pour commencer.
Alors, quand on nous répète « réduisons la dette » ou « réduisons la dépense », c’est une comédie. Commençons par arrêter de creuser : réduisons le déficit. Et pour cela, attaquons-nous enfin aux réformes qu’on n’a pas faites.
Car les déficits ne tombent pas du ciel. Ils viennent presque toujours de décisions qu’on n’a pas voulu prendre.
Les gilets jaunes : le premier ministre de l’époque s’en sort en lâchant 10 milliards. A-t-on réglé les problèmes pour autant ? Non. Car une partie de la facture revient chaque année.
L’électricité : une directive européenne de 2019, mal négociée à Bruxelles, fait flamber les prix en France. Les boulangers ferment, des usines aussi. Au lieu de renégocier, on nous invente un bouclier énergie : plusieurs dizaines de milliards. Résultat, le pays paie deux fois. Une fois sur la facture, une fois par l’impôt qui finance le bouclier. Personne ne nous a tordu le bras.
Les retraites : en 1999, on crée un fonds de réserve pour le jour où les retraités seraient nombreux. À partir de 2010, les gouvernements y puisent pour boucher d’autres trous. Et aujourd’hui, on s’étonne qu’il n’y ait plus d’argent pour les retraites.
« Il faut couper, couper, couper », disent-ils. On pourrait commencer par ne plus faire de bêtises.
Aucun candidat n’émerge
Les Français le voient. Ça fait quarante ans qu’on a les mêmes profils. Ce n’est pas du dégagisme : c’est le constat que ces gens se sont installés dans les allées du pouvoir sans jamais tirer les conséquences de leurs échecs.
Regardez 2027. Le RN est autour de 30 %. Derrière, une dizaine de candidats s’éparpillent entre 3 et 17 %.
Pour l’emporter, il faudrait rassembler bien au-delà. Aucun d’eux n’en est capable aujourd’hui.
