7.200 milliards en plus !

Depuis 1980, en 45 ans, la France a mobilisé environ 7.200 milliards d’euros supplémentaires : 3 300 milliards de prélèvements en plus et 3 900 milliards de déficits cumulés. Une question demeure : qu’en avons-nous fait ?

Plus de deux ans du travail de tout un pays

7.200 milliards d’euros. Le chiffre est difficile à se représenter.

Alors essayons autrement. La France produit aujourd’hui environ 3 000 milliards d’euros de richesse par an.

7.200 milliards, c’est plus de deux années de production de tout le pays. Deux années pendant lesquelles les usines tournent, les agriculteurs récoltent, les artisans construisent, les commerces ouvrent, les trains roulent. Toute la France au travail. Pendant plus de deux ans.

Attention : nous ne parlons pas de tout ce qui a été collecté depuis 1980. Seulement de ce qui est venu en plus.

Le surplus

Nous sommes partis de 1980. Tout ce que l’État collectait à l’époque, nous le laissons intact : retraites, santé, école, défense. Nous n’y touchons pas.

Nous mesurons seulement ce qui est venu s’ajouter. En quarante-cinq ans, environ 3 300 milliards d’euros, exprimés en euros d’aujourd’hui. Le surplus. Rien que le surplus.

Pourquoi 1980 ? Parce que c’est un bon point de départ pour observer ce qui va suivre. La dette est encore faible. La retraite à 60 ans arrive juste après.

Et parce qu’un objet très simple suffit à mesurer le chemin parcouru. En 1980, mon bulletin de paie comportait encore cinq lignes.

Regardez le vôtre aujourd’hui.

Et cela n’a pas suffi

Pendant ces mêmes quarante-cinq années, malgré ce surplus, les recettes n’ont pas couvert les dépenses. Alors l’État a emprunté. Une année. Puis la suivante. Puis encore la suivante.

Cumulés depuis 1980, ces déficits représentent environ 3 900 milliards d’euros.

  • 3 300 milliards collectés en surplus.
  • 3 900 milliards dépensés au-delà des recettes.

Au total, 7.200 milliards.

C’est ce que nous appellerons, tout au long de ce parcours, l’effort supplémentaire.

Une partie a été payée au fur et à mesure. L’autre a été financée à crédit.

Nous étions là. Et maintenant, vous aussi.

Si vous êtes aujourd’hui à la retraite, cette histoire est la vôtre.

Vous aviez vingt, trente ou quarante ans en 1980. Vous travailliez. Vous payiez vos impôts, vos cotisations, vos taxes. Puis l’effort demandé a augmenté discrètement, insensiblement. Pendant dix ans, vingt ans, trente ans, parfois davantage.

Ces 3 300 milliards de surplus, votre génération en a payé une grande partie. Cet argent n’a pas disparu. Il a financé des choses.

Nous allons voir lesquelles.

Si vous avez trente ans aujourd’hui, cette histoire est aussi la vôtre.

Vous n’avez rien décidé en 1980, ni en 1990, ni en 2000. Vous avez reçu les écoles, les hôpitaux, les routes construits avant vous.

Vous avez aussi reçu une dette. Une grande partie des 3 900 milliards de déficits a été accumulée avant même votre entrée dans la vie active. C’est vous qui vivrez avec cette dette, qui en paierez les intérêts, qui en porterez une partie de la charge.

Et vos enfants, nés ou pas encore nés, sont déjà dans ce chiffre.

Nous étions là.
Vous êtes là.
Ils sont déjà là.

Alors une question.

Une seule, pour commencer : qu’avons-nous fait de ces 7.200 milliards ?

Et quand nous aurons répondu, il faudra poser la suivante : comment en sommes-nous arrivés là ?


La méthodologie de calcul.

Poursuivre le raisonnement

Partager

Le livre