Ils se battent pour le poste. Chacun annonce son chiffre : 140 milliards, 197 milliards, 300 milliards à couper. Comme si celui qui couperait le plus gagnerait l’Élysée.
Mais aucun ne vient nous expliquer comment 5 millions de personnes sans vrai travail vont en retrouver un. Combien d’emplois votre plan va-t-il créer ? C’est la question que nous posons désormais à chacun.
5 millions de Français sans vrai travail
On nous annonce 7,7 % de chômage. En réalité, c’est près de 16 %. Plus de 5 millions de Français n’ont pas de vrai travail : chômeurs, personnes qui veulent travailler mais qu’on ne compte pas, et tous ceux qu’on a rangés dans des cases, stages, contrats aidés, apprentissage.
Chez les 18-29 ans, près de 2 millions sont au chômage ou dans des dispositifs d’attente. 800 000 autres ne sont comptés nulle part. Ils ne peuvent pas construire leur vie : pas de vrai salaire, pas de logement à eux, et des années qui ne compteront pas pour leur retraite.
Ce sont nos enfants et nos petits-enfants.
Couper sans créer, c’est faire tomber les gens d’une case à l’autre
Derrière chaque dépense, il y a une personne. Une allocation, un stage, un contrat aidé : ce sont des rustines posées sur un emploi qui manque. Supprimez la rustine sans créer l’emploi, et la personne ne disparaît pas. Elle tombe dans une case plus basse, ou nulle part.
Couper ainsi, c’est s’attaquer au réservoir. La dépense, c’est ce qui sort. Ce qui remplit les caisses, c’est le travail : des emplois, des entreprises, de la valeur ajoutée. Vider le réservoir sans rouvrir la source n’a jamais rempli les caisses. Cela prépare seulement la facture suivante.
Couper sans diagnostic sérieux, sans projet majeur de création d’emplois, ne résoudra rien. La confiance des investisseurs ne reviendra que lorsque le pays sera capable de produire : d’abord les emplois, ensuite la réduction de la dépense, parce qu’il y aura des revenus et de la valeur ajoutée. Vouloir faire l’inverse est une absurdité.
45 ans, les mêmes familles politiques, le même problème
Depuis 1981, droite et gauche se sont succédé au pouvoir. Le problème est toujours là. En 1995, on annonçait 10 % de chômage ; la réalité, c’était 20 %. Trente ans plus tard, on annonce 7,7 % ; la réalité, c’est près de 16 %. Le chômage réel reste le double du chômage annoncé. Seules les cases ont changé.
Ceux qui demandent aujourd’hui à couper viennent de ces familles politiques. Ils n’apportent pas de plan pour redémarrer le pays. Couper, c’est ce qui reste quand on n’a pas de plan.
Quatre questions à chaque candidat
Nous posons les mêmes questions à chacun, et nous mettons le tableau à jour à chaque annonce.
| Candidat · ce qu’il annonce | Couper quoi ? | Réindustrialisation ? | Et demain ? | Combien d’emplois ? |
|---|---|---|---|---|
| David Lisnard 200 à 300 Md€ · sept. 2026 | Pas dit | Pas dit | Pas dit | Question posée |
| Bruno Retailleau 197 Md€ en 5 ans · 12 oct. | Précis | Flou | Flou | Question posée |
| Marine Le Pen 140 Md€ d’ici 2032 · 6 oct. | Pas dit | Pas dit | Pas dit | Question posée |
| Édouard Philippe Pas de total · 9 oct. | Précis | Pas dit | Pas dit | Question posée |
Un candidat a annoncé des emplois chiffrés et nous l’avons manqué ? Signalez-le, nous corrigerons.
Et nous, les anciens ?
Allons-nous défendre notre petit patrimoine dans notre coin, en espérant que personne ne viendra toucher à notre dernière allocation ? Ou allons-nous, pour une fois, aider nos enfants et nos petits-enfants ?
Nous avons de quoi agir. Nous connaissons les métiers, les entreprises, les réseaux. 370 000 entreprises sont à transmettre d’ici 2030, avec 3 millions d’emplois : l’entreprise du voisin peut devenir celle d’un jeune, si on l’y prépare. Et nous votons : nous sommes 17 millions de retraités, et plus d’un électeur sur trois a plus de 60 ans.
Ce n’est pas une affaire de droite ou de gauche. C’est une affaire de bon sens : avant de couper, il faut créer du travail.
Couper ne crée rien. Osons créer. Reprenons la main.
