Régler nos comptes

La confiance Ceux qui nous prêtent de l'argent se posent une seule question : la France est-elle capable de gérer ses affaires ? Les Français se posent la même.

Définir les axes, définir les moyens, passer à l’action

Le compteur tourne
Nous avons arrêté nos calculs en 2025. Le compteur, lui, ne s’est pas arrêté.
Chaque année, environ 150 milliards de déficit s’ajoutent. Et chaque année, nous prélevons environ 120 milliards de plus qu’au niveau de 1980.
Les 7 200 milliards grossissent d’environ 270 milliards par an, pendant que nous en parlons.

Et nous avons tellement tiré sur la corde que tout lâche en même temps.
Des milliers de ponts en mauvais état. Des hôpitaux qui manquent de médecins. Des Canadair dont une partie seulement est en état de voler quand la forêt brûle.
Nous ne sommes plus devant un problème de budget. Nous sommes au bout de la corde.

Deux façons de faire
Il faudra réformer. De toute façon.
On peut le faire en coupant à l’aveugle, en taillant là où ça ne crie pas trop fort. Tout le monde souffrira, et dans vingt ans, nous paierons les reports d’aujourd’hui.
Ou on peut le faire intelligemment : comprendre d’abord, décider ensuite, et préparer l’avenir en même temps qu’on répare le passé.
Couper n’est pas une réponse quand on n’a pas compris d’où vient la dépense. C’est reproduire l’erreur de quarante-cinq ans : agir sur le chiffre, pas sur la cause.

La méthode
Elle tient en trois principes. Ils ne sont pas nouveaux : ils sont écrits depuis 1789.

Voir clair. La Déclaration des droits de l’homme reconnaît aux citoyens le droit de constater la nécessité de l’impôt et d’en suivre l’emploi.
Chaque mois, les Français devraient avoir sous les yeux un tableau simple, officiel et complet : ce qui a été prélevé, ce qui a été dépensé, ce qui a été emprunté. L’État, la Sécurité sociale, les collectivités, tout ensemble. Le travail que nous avons fait dans ce parcours, l’État devrait le faire lui-même, et le publier.

Rendre des comptes. La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration. Celui qui dépense explique ce qu’il a fait de l’argent, et ce qu’il a obtenu.

Séparer les pouvoirs, pour de vrai. « Toute société dans laquelle la séparation des pouvoirs n’est pas déterminée n’a point de Constitution. »
Chacun à sa place. Ceux qui savent analysent et proposent. L’administration évalue. Les élus décident. Et le président regarde loin, garde le cap, veille sur la méthode.
Ce n’est pas une révolution. C’est ce que prévoit notre Constitution : le gouvernement conduit la politique de la nation, le président en garantit la continuité.
Et c’est ce que la France a su faire quand elle avait un Plan : des gens compétents qui regardaient à dix ans, qui cassaient les cloisons, et des gouvernements qui décidaient. C’est ainsi qu’elle a construit le nucléaire et le TGV.

Cette méthode ne promet pas de résultats qu’elle ne peut pas garantir. Elle prend des engagements que chacun doit pouvoir vérifier :

  • des comptes publiés chaque mois ;
  • aucune loi sans une étude d’impact indépendante, qui dit ce qu’elle coûte, ce qu’elle supprime, et ce qu’elle apporte ;
  • aucune règle changée pour ceux qui partent à la retraite dans les dix ans ;
  • ce qui a été décidé est appliqué.

Les axes
Voici à quoi ressemblerait cette méthode appliquée. Ce ne sont pas des promesses. Ce sont des directions à travailler ensemble.

  1. Produire. C’est le seul levier qui ne fait pas de perdants. Il faut une réflexion stratégique sur les industries indispensables au pays, celles qu’il faut garder, celles qu’il faut reconstruire. Et un fonds industriel pour les financer. S’il faut emprunter pour ça, c’est la dette qui construit : on emprunte pour quelque chose qui reste.
  2. Un contrat clair entre les générations. Aux retraités, un effort négocié, jamais imposé, et les petites pensions protégées. À ceux qui partent bientôt, des règles figées pour dix ans : on arrête de jouer avec les paramètres. À ceux qui travaillent, la possibilité de mettre de côté pour eux-mêmes, dans une épargne que personne ne pourra détourner. Aux plus jeunes, des cotisations allégées et leur autonomie.
  3. L’inventaire avant la décision. La santé, la défense, les équipements, les bâtiments publics. Avant de couper ou de dépenser, savoir ce que nous avons, dans quel état, et ce que ça coûtera de le maintenir.
  4. Le savoir des anciens. Des milliers d’ingénieurs, de techniciens, de chefs d’entreprise sont à la retraite. Ils savent lire une norme, repérer ce qui coûte cher pour rien, ce que l’Europe n’exigeait pas et que nous avons ajouté. Ils peuvent mettre ce savoir au service de ceux qui produisent. Régler ses comptes, ce n’est pas seulement payer. C’est aussi transmettre.

Ni gagnants partout, ni perdants partout
Pendant quarante-cinq ans, on nous a promis qu’il n’y aurait jamais de perdants. C’était faux. Les perdants existaient : ils n’étaient simplement pas encore nés.
Il faut dire la vérité. Pour certains, la réforme sera neutre. D’autres perdront. Et d’autres ne gagneront rien, mais retrouveront ce qu’ils étaient en train de perdre : leur autonomie, la possibilité de construire leur vie ici.
Ceux-là, ce sont nos enfants et nos petits-enfants.

À ma génération
Je suis né en 1950. Je suis de ceux à qui l’on va demander un effort.
Dans le monde de mes parents, on ne partait pas sans avoir réglé ses comptes. Nous avons oublié cette règle. Il est temps de nous en souvenir.
Ce que je demande à ma génération, ce n’est pas une punition. C’est de faire, pour nos petits-enfants, ce que nos parents auraient fait pour nous.
Si nous ne le faisons pas, beaucoup de familles n’auront bientôt qu’un choix : la réforme, ou l’exil des enfants.
Et si nous ne réglons pas nos comptes nous-mêmes, d’autres viendront les régler à notre place. Nos créanciers. En une fois, et brutalement.

La confiance
Ceux qui nous prêtent de l’argent se posent une seule question : la France est-elle capable de gérer ses affaires ?
Les Français se posent la même.
La réponse ne viendra pas d’un programme de plus. Elle viendra d’un plan qui se déroule, d’engagements tenus, de comptes publiés.
Définir les axes. Définir les moyens. Passer à l’action. C’était la méthode du général de Gaulle. Elle n’a pas pris une ride.

Venez décider avec nous
Nous avons mis sur la table ce que personne ne vous avait montré.
Maintenant, il faut choisir. Pas à votre place : avec vous.
C’est ça, Reprendre la main.

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