Reprenons la main

Comprendre pour ne pas subir

Ça dépend de vous : que ça continue, ou que ça change.

La méthode : six questions à poser à chaque décision

Établir les faits, retrouver les décisions, remonter aux causes, puis arbitrer. Et poser à chaque décision six questions simples : qui a décidé, pourquoi, à quel coût, pour quel résultat, qui exécute, qui répond.

Pour chaque sujet, la méthode reste la même.
Il ne s’agit pas de partir d’une solution déjà écrite, encore moins d’un catalogue de promesses. Il s’agit d’abord de comprendre ce qui s’est réellement passé.

Sept étapes, toujours dans le même ordre :

  1. Établir les faits : ce qui s’est réellement passé, chiffres à l’appui.
  2. Retrouver la chaîne des décisions : et surtout les arbitrages qui n’ont pas été faits.
  3. Identifier les rustines : ajoutées au fil du temps pour compenser des problèmes non résolus.
  4. Remonter aux causes premières : gratter jusqu’à l’origine du problème.
  5. Clarifier les responsabilités : qui a décidé, qui a exécuté, qui doit répondre.
  6. Mesurer les conséquences : ce que chaque décision a réellement produit.
  7. Arbitrer : choisir ce que l’on garde, ce que l’on répare, ce que l’on arrête.

Des rustines devenues permanentes

Cette démarche part d’un constat simple : une dépense, une réglementation ou une administration nouvelle n’apparaissent pas toujours parce qu’un besoin nouveau est né. Elles peuvent aussi être la conséquence d’un problème ancien que l’on n’a pas su, pas voulu ou pas pu résoudre.
On reporte alors la décision. On compense. On ajoute un dispositif. Puis un autre. La rustine finit par devenir permanente et, avec le temps, la raison pour laquelle elle avait été posée disparaît du débat.

Reprendre la main consiste aussi à retrouver ces décisions abandonnées.

Il faut pouvoir distinguer ce qui répond encore à un besoin réel de ce qui ne fait que compenser un dysfonctionnement ancien ; ce qui doit être protégé de ce qui doit être réparé ; ce qui peut disparaître lorsque sa cause a disparu ; ce que nous devons recommencer à produire ; et les dépendances que nous pouvons ou non accepter.

Une philosophie de gouvernement

Cette manière de travailler conduit progressivement à quelque chose de plus large qu’une méthode d’analyse.
Elle dessine une philosophie de gouvernement.

  • Ne pas promettre avant d’avoir compris.
  • Ne pas supprimer une dépense sans rechercher pourquoi elle existe.
  • Ne pas ajouter une nouvelle rustine lorsqu’un arbitrage est devenu nécessaire.
  • Ne pas décider sans savoir qui devra répondre du résultat.
  • Ne pas demander un effort sans expliquer à quoi il sert.
  • Et ne pas considérer qu’une décision est réussie parce qu’elle a été annoncée : elle doit être jugée à ses résultats.

Écouter n’est pas renoncer à gouverner

Cette philosophie suppose également que ceux qui connaissent les problèmes puissent être entendus.
Dans une entreprise, une administration, un hôpital, une école, une commune ou une filière industrielle, ceux qui vivent quotidiennement un système savent souvent où se trouvent ses blocages, ses incohérences et ses coûts cachés.
Les écouter ne signifie pas leur abandonner la décision.

Le terrain décrit la réalité. Les compétences construisent les options. Les citoyens doivent pouvoir comprendre les choix et participer aux grands arbitrages. Le pouvoir politique décide. L’administration exécute. Les résultats sont mesurés. Et les responsabilités doivent pouvoir être établies.

Écouter n’est pas renoncer à gouverner. Gouverner n’est pas décider sans écouter.

Rendre les décisions lisibles

Cette démarche suppose donc également de rendre les décisions lisibles.

  • Qui a décidé ?
  • Dans quel objectif ?
  • À quel coût ?
  • Pour quel résultat attendu ?
  • Qui est chargé de l’exécution ?
  • Qui répond si l’objectif n’est pas atteint ?

Une politique publique ne devrait plus pouvoir se dissoudre dans une succession d’administrations, d’agences, de commissions ou de niveaux de décision jusqu’à ce que personne ne puisse réellement en répondre.
Une mission doit avoir une responsabilité identifiable, des moyens connus et des résultats vérifiables.

Une grille géostratégique : 5T et 4I

La démarche s’appuie aussi sur une lecture plus large des intérêts du pays. Certaines décisions ne peuvent être appréciées uniquement sous l’angle de leur coût immédiat. Elles touchent à notre capacité de produire, de nous protéger, de conserver des compétences, de maîtriser une infrastructure ou de rester libres de nos choix.

C’est notamment pour cela que la réflexion utilise une grille d’analyse géostratégique organisée autour de deux séries de repères :
5T — Territoire, Trident, Troupes, Trésor, Titres.
4I — Intérêts vitaux, critiques, importants et d’influence.

Cette grille n’apporte pas des réponses toutes faites. Elle oblige à poser les bonnes questions : que voulons-nous protéger ? De quoi dépendons-nous ? Que sommes-nous encore capables de faire nous-mêmes ? Que pouvons-nous confier sans danger à d’autres ? Que faudrait-il reconstruire si cette dépendance devenait demain une faiblesse ?

Partir du concret

Ainsi, partir d’une feuille de paie peut conduire à s’interroger sur le financement de la solidarité.
Partir d’une dette peut conduire à rechercher les décisions qui ont été repoussées.
Partir d’une fermeture d’usine peut conduire à mesurer une perte de souveraineté.
Partir d’un service qui ne fonctionne plus peut conduire à rechercher non seulement ce qu’il coûte, mais pourquoi il ne remplit plus correctement sa mission.

Pourquoi en sommes-nous arrivés là ?

Peu à peu, des sujets qui semblaient séparés commencent à se rejoindre. La question n’est plus seulement :
combien cela coûte-t-il ?

Elle devient :
Pourquoi en sommes-nous arrivés là ? Qu’avons-nous cessé de faire ? Qu’avons-nous compensé au lieu de réparer ? Que voulons-nous conserver ? Que devons-nous reconstruire ? Et quels arbitrages sommes-nous prêts à assumer ?

Une démarche civique

C’est à cet endroit que la démarche devient civique.
Reprenons la main est aujourd’hui un projet citoyen.

Son premier objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre les décisions prises en son nom, d’en vérifier les raisonnements, d’en mesurer les conséquences et de participer plus lucidement aux arbitrages qui détermineront l’avenir du pays.
Mais un projet citoyen qui s’interroge sur la manière de décider, sur les responsabilités, sur la production, sur la souveraineté, sur les finances publiques et sur les choix qui devront être faits porte nécessairement une dimension politique.
Non parce qu’il chercherait aujourd’hui à imposer un programme ou une candidature, mais parce qu’il pose une question politique au sens le plus simple et le plus essentiel du terme :

comment voulons-nous décider ensemble du pays dans lequel nous voulons vivre ?

Le site rassemble progressivement des analyses, des sources, des documents de travail et des propositions d’arbitrage permettant à chacun de vérifier les démonstrations et de se faire sa propre opinion.
Il ne s’agit pas de demander aux Français de croire un nouveau discours sur parole.
Il s’agit de reconstruire une confiance fondée sur autre chose que les promesses :

des faits accessibles, des règles lisibles, des décisions assumées, des responsabilités identifiables et des résultats vérifiables.

Car comprendre n’est pas la fin du chemin.

Comprendre permet de choisir.

Et choisir, c’est déjà reprendre la main.

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À vous de dire ce que vous voulez préserver, changer et reconstruire.

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